Ce matin, je me suis levé tôt, un peu en avance même. Moi qui d’habitude suis ce qu’on appelle plus communément (enfin surtout ma sœur), « un gros phoque neurasthénique». Encore Bruno qui m’a demandé de faire un extra au bistrot du coin me direz-vous ! Et bien non, même pas ! Il a bien essayé, mais pour la première fois depuis le début de mon contrat, j’ai pris mon courage a deux mains et j’ai dit : « non ! ». (Enfin, je lui ai envoyé un mail, j’espère qu’il l’aura reçu. J’avais pas trop envie d’affronter son regard de tyran en lui disant en face…) Donc, je me suis levé tôt. A cause d’une fille alors ? Malheureusement, toujours pas ! La secrète Amandine de l’autre jour ne m’a plus jamais donné de nouvelles. Et Louise, ben c’est Louise quoi…
Donc aujourd’hui, je me suis levé tôt, pour (suspense…) un entretien d’embauche ! Hé ouais, après plusieurs mois d’un âpre démarchage, et grâce à un CV un petit peu boosté, me voilà à deux doigts du but : un entretien pour le poste de responsable commercial dans une banque !

metro bondé gag
J’ai donc bu mon café, me suis lavé les dents, et j’ai enfilé mon costard ! Le même que j’avais acheté pour le gala de fin d’année de l’IUT. Pour une fois que ma mère avait raison : « Achètes en un sobre, ça te servira pour plus tard !». On fait tous ça.
Ensuite, je sors de chez moi, tout pomponné, et je m’engouffre dans les transports en commun. Bien sûr, vu qu’il est tôt, c’est l’heure où tout le monde part au boulot. Je me retrouve donc au fond de la rame de métro, coincé entre un jeune homme d’affaires dynamique qui me regarde entre deux sms envoyés avec son Blackberry l’air de dire : « Remets ton jogging gamin et laisses les costards à ceux qui le valent bien», et un petit vieux qui va faire ses courses à 8h du mat’ (on sait pas pourquoi) avec un cabas qui prend la moitié de la rame de métro et pour qui j’ai du laisser ma place assise….
J’aime pas les transports en commun en fait.


Ensuite, au bout de deux stations, le métro se bloque, comme de par hasard… C’est à ce moment là que je commence à prier pour que ça ne dure pas trop longtemps, tout en tentant d’inventer une excuse autre que : « Le métro était bloqué ». C’est pas crédible… C’est à ce moment là aussi que je commence à regretter d’avoir mis un costard. En effet, il se produit une équation simple dans ces cas là :


Costard + stress + promiscuité = auréoles sous les bras


Et ça, même Axe ou Mennen n’y peuvent rien. Je commence à penser : « mon vieux Gag, ton surnom de va vraiment bien. Le jour de ton entretien, le métro fait des siennes ». Mais après un rapide coup d’œil alentours, je m’aperçois que je ne suis pas le seul dans ce cas. Hormis le vieux qui me roule dessus avec son cabas et quelques lycéens qui se réjouissent d’avance d’avoir une excuse pour arriver en retard, tous les autres gens de la rame ont l’air d’avoir eux aussi des échéances importantes aujourd’hui : un rendez-vous ? un contrat à signer ? une réunion ? Je ne suis peut être pas le seul à être maudit aujourd’hui finalement. Je crois que le métro tombe toujours en panne au mauvais moment, et pas que pour moi ! A l’instant où cette pensée traverse mon esprit, le métro repart. J’arrive à bon port sans encombres, il est 8h32, j’ai plus de 10 minutes d’avance. Je m’assois dans un siège en attendant mon tour, rassuré, prêt à en découdre. Je ne suis peut être pas si gagesque que ça après tout