Oui je sais, hier j'étais sensé parler de mon rencard (si on peut appeler ça comme ça) mais ce fut une vraie catastrophe donc j'ai préféré parler d'une de mes passions pour essayer d’effacer cette soirée de ma mémoire. Le problème c’est que ce n’est pas possible, d’autant plus qu’Eleanore n’arrête pas de me laisser des messages depuis hier pour me dire que je suis « trop con » et que j’ai « encore tout foiré » et qu’elle aimerait savoir ce qui s’est passé pour qu’Amandine ne lui réponde quand elle lui a demandé (via mon profil) si elle si elle avait aimé la soirée. Oui je pense qu’elle a en partie raison, je suis vraiment trop con.

Je ne sais même pas par quoi je suis sensé commencer. Peut être tout simplement par le commencement… Donc hier tout excité d’avoir un rencard, je pars à mon rendez-vous. J’arrive au restaurant à 19h55 exactement. Tout fier de moi parce que j’étais à l’heure (pour une fois), je commence à réfléchir à des sujets de conversation quand tout à coup j’entend de loin une sonnerie qui ressemble à la mienne. Instinctivement, je fouille dans mes poches. Pas de téléphone. Je commence alors à me toucher nerveusement en croyant, peut être, que ca le ferait apparaître mais rien. C’est à ce moment là que je me rappelle, que j’avais posé mon téléphone à côté de l’ordinateur lorsque j’écrivais ma chronique. Bon pas de panique, je décide alors de rester devant le restaurant encore 10 minutes et avec un peu de chance je pourrais peut être voir arriver une jeune fille seule.

10 minutes et des dizaines de couples plus tard, je suis toujours là planté comme un piquet. Après une longue hésitation, je rentre à l’intérieur et demande ma table. On ne retrouve pas ma réservation mais on me propose tout de même une table en ajoutant «Vous avez de la chance, il y a eu un désistement de dernière minute ». Je m’installe. Le serveur vient me donner la carte et me demander ce que je souhaite boire. Je lui réponds poliment : « Je commanderai plus tard. J’attends quelqu’un. Merci ». Je commence à avoir chaud dans cette veste qu’Eleanore m’a demandé de porter. Je décide alors de demander un verre d'eau. « Allez encore 10 minutes et puis si elle n’arrive toujours pas, je pars» me dis-je. Après 15 minutes d’attente toujours personne. Je commence à penser que ce n’était finalement qu’une mauvaise blague. 20H45 le serveur commence à me regarder avec insistance. Je ne peux plus continuer comme ça. Je patiente jusqu'à ce que le serveur tourne le dos pour me faufiler en douce vers la sortie lorsque ce dernier crie «Monsieur, vous oubliez votre veste ». Mort de honte je reviens la récupérer puis cours vers l’extérieur en évitant tous les regards dirigés vers moi.

Une fois dehors, je commence à rire nerveusement. Ce soir a été la preuve une fois de plus que ma vie est un véritable gag. Chaque journée ne fait que venir justifier de ce surnom que me donnent mes amis et ma famille : Gus Gag. Je n’ai vraiment pas de chance. En repensant à cette satanée soirée, je m’offre une petite balade et m’arrête par un kebab avant de rentrer tranquillement chez moi. Tout au long de ma marche, je n’arrêtais pas de répéter : « Tant pis ce sera pour une prochaine fois». Aux alentours de 23h, j’arrive enfin chez moi ; je jette cette foutue veste sur mon canapé ; je m’installe tranquillement devant ma télé. Après avoir regardé Esprits criminels et vadrouillé sur différentes chaînes, j’opte pour une petite séance geek devant mon ordinateur. A peine assis, j’aperçois sur mon téléphone que j’ai 6 nouveaux messages vocaux, dont un qui venait juste d’être déposé. Dans les quatre premiers, Amandine me disait qu’elle m’attendait et qu’elle espérait qu’il ne mettait rien arrivé de grave, puis dans le cinquième elle m’expliquait qu’elle devait malheureusement partir mais qu’elle aimerait bien que je la contacte pour lui dire ce qui se passe. En ce qui concerne le dernier, je ne peux vous en dire le contenu exact mais j’ai à nouveau appris ce soir qu’une femme peut se montrer hystérique et blessante dans certaines situations. Pour faire bref, elle m’avait attendu pendant plus d’une heure dans le restaurant et après ça j’avais encore « le culot » de venir lui demander si elle avait passé une bonne soirée ; elle me priait de bien vouloir effacer son numéro et de ne plus jamais la contacter ; elle m’a donné des noms d’oiseaux (j’ai même entendu des insultes inédites).

J'ai tout d’abord pensé qu’il s’agissait d’une blague vu que j’étais moi-même au restaurant. Je me suis rendu compte en tripotant mon téléphone que j’avais un sms non lu qu’elle m’avait envoyé à 20h : « Salut, Juste pour te dire que je viens d’arriver à M****. Je serai au restaurant dans 10 minutes.». Minceeeeee! (en réalité je n'ai bien sûr pas dit ça mais l'autre mot serait inapproprié ici). Au moins je connais le fin mot de l’histoire. Il existe deux restaurants japonais un à M**** et l’autre à B****. Malheureusement, pour moi je lui avais dit d’aller à celui qui est le plus proche de son travail comme elle avait peu de temps alors que je suis allé instinctivement à celui où Clic Clac m’avait amené un soir. Je comprends mieux maintenant pourquoi on ne retrouvait pas ma réservation. Arghhh.

Bizarrement, je m’attendais à ce que ca finisse comme ça. C’était trop beau pour être vrai. Mais je me demande quand même si je ne devrais pas l’appeler pour m’excuser et expliquer qu’il y a eu un malentendu. Mais je vais passer pour un idiot.