Un tien vaut mieux que deux tu l'auras. Cette morale, issue d'une fable de La Fontaine, pourtant une de mes préférées, est on ne peut plus appliquable à l'anecdote que je vais vous conter sur ce qui m'arriva il y a quelques semaines, un Jeudi soir au Bistrot du Coin, alors que Bruno ronflait et que le bar était calme.... (Pause pour marquer l'emphase):

 

A mon bar j'étais seul lors d'un soir ordinaire,

Lorsqu'entra, décidé, un homme d'un pas fier.

A cette apparition nul ne fut plus de joie

qu'un barman solitaire et son chiffon de soie.

 

"Une bière, l'ami, commanda l'inconnu,

Sers-toi donc pour ta peine quelque boisson magique

Qui sera, bien t'en fasse, sur ma note retenue,

Pour que sur l'instant, fuit cet air mélancolique."

 

Par ces paroles heureuses, je fût d'emblée séduit

Non par attirance gay, comme l'eût pensé Louise,

Mais par amour sincère, celui qui est décrit

Par l'Auvergnat d'Brassens qui rit et qui se grise.

 

Nous passâmes ainsi une bonne partie d'la nuit,

Lui, parlant, épatant, de mille et un sujets

Moi, servant, ébahit, assoiffé des récits

Dont il me gratifiait, me payant des godets.

 

Alors il se fit tard, je n'allais pas tarder,

A bien fermer mon bar et rejoindre Morphée,

"Pas sans un dernier verre! M'enjoignit l'inconnu

Scellons cette amitié avant qu'on n'y puisse plus"

 

C'est alors dans le flou que fini cette fable

Ah! ignoble gredin qui se dit mon ami

Me fit boire tout mon saoul toute la nuit

Et partit sans payer mais avec mon portable.

 

Ainsi donc, chers lecteurs, vous qui m'êtes fidèles,

Encaissez sans attente les clients charmeurs,

Vous perdrez un "ami", sauvant un PEL,

Qu'il me fallut descendre, réparant mon erreur.

 

Exercice de style, bien loin de ceux de Queneau que je vous recommande, qui saura, je l'espère, vous distraire et vous plaire. Pour la petite histoire j'ai recroisé une fois le vilain dans un bar de St Michel, il m'a reconnu et est parti bien vite...Il faut dire que j'étais avec mon meilleur pote Clic-clac qui a une bonne carrure!