A cause de l’ambiance de Noël qui commence à envahir les rues, j’ai fait un drôle de rêve, cette nuit. En fait, c’était plutôt un souvenir. Je devais avoir 8 ou 9 ans, et je passais mes vacances chez ma grand-mère, avec ma soeur et mon cousin. En cette époque reculée, Eléanore n’était pas encore une petite peste trop curieuse, ni Golden Bright un crétin arrogant et prétentieux. Par contre ma vie à moi était déjà un gag...

 

Je vous situe la scène : milieu d’après-midi, quelques jours avant Noël, dans la charmante bicoque de Mamie. Avec Eléanore et Golden Bright, on vient de finir de décorer le sapin dans le salon. Ne vous imaginez pas un bel arbre scintillant et odorant digne des illustrations des plus beaux contes pour enfants. Le nôtre était un sapin en plastique (impossible d’en acheter un vrai qui perdrait ses épines, la petite cousine Céline, bien qu’elle ne soit pas encore en âge de marcher, a développé une capacité à ramper digne d’un lombric qui se préparerait pour les jeux olympiques, et risque donc d’avaler des épines). En plus, il a visiblement mal supporté le transport dans la minuscule voiture de Mamie ce qui fait que, en plus d’être rachitique, il est aussi bancal. Et pour couronner le tout, nous l’avons décoré à grand renfort de décorations made in «école primaire» à base de coton, de rouleaux de sopalin... Je suis sûr que vous voyez le genre !

 

Bref, l’heure du goûter approche, et on a envie de faire des cookies. Sauf que, ô drame, ô désespoir, il n’y a plus de pépites de chocolat en réserve. Le visage de Edouard commence à se tordre en une horrible grimace. La colère est proche. Mais Mamie veut l’éviter. Elle nous emmène donc à la grande surface la plus proche pour acheter les ingrédients manquants. Pendant que les autres se dirigent vers le rayon pâtisserie, moi je file discrètement dans le coin des jouets pour LE voir : le camion de pompier playmobile qui m’a poussé à être super sage ces dernières semaines histoire de convaincre le Père Noël que je le mérite. Celui dont la pub à la télé m’hypnotise presque. 

Je reste donc là, à le contempler, tel Gollum devant l’Anneau. Pour moi, le temps s’est arrêté.

 

Quand j’arrive finalement à m’éloigner de l’objet de toutes mes convoitises, je me mets à chercher ma grand-mère dans les rayonnages, mais je ne la trouve pas. Sentant la panique monter en moi mais ne voulant pas me mettre à pleurer devant des inconnus, je me rends à l’accueil pour que l’hôtesse fasse une annonce au micro. 

«La mamie du petit Gustave est demandée à l’accueil s’il-vous-plait, merci!»

Les minutes passent, personne ne vient. La jeune femme réitère son annonce plusieurs fois. Cette fois-ci je suis vraiment inquiet...

 

Et tout d’un coup je vois arriver Mamie, tenant ma petite soeur par une main et mon cousin par l’autre, et les tirant derrière elle pour les faire avancer plus vite.

Alors que l’hôtesse lui demande d’un ton accusateur pourquoi elle ne s’est pas présentée plus vite à l’accueil après les annonces, Mamie s’excuse en bafouillant et finit par lui avouer que ce n’est que dans la voiture, alors qu’elle était presque arrivée à la maison, qu’elle s’est rendue compte de mon absence... Et oui, ma grand-mère m’avait OUBLIE dans un grand magasin !

 

Je n’avais que 8 ans, mais ma vie était déjà un gag...
200862_camion_de_pompiers_grande_echelle